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L'enterrement des Yakoutes aux XVIIIème et XIXème sièclesLes Yakoutes avaient beaucoup de signes par lesquels on prédisait l'approche de la mort. Le chamane prophétisait le décès du malade par exemple de la façon suivante : " il va mourir quand tombera le glaçon de la fenêtre ". Les chamanes disaient que, 3 jours avant sa mort, émane du malade l'esprit puant de la mort. Jusqu'à la fabrication du cercueil on mettait le cadavre sur la terre ou sur un lit en bois. Sous le mourant on mettait une écorce feuillue. Quand un homme meurt, son balagan et ses parents sont "sales". C'est-à-dire que dans leur corps habite un esprit méchant . A cause de cela les parents doivent observer les interdictions et les coutumes . A dater du jour du décès et jusqu'à la nouvelle lune, ils ne doivent pas chasser ou tricoter. "Les hommes sales" ne participaient pas à la fête isiahc, on ne leur donnait pas de khoumous à boire jusqu'à un an après l'enterrement. Après la mort on abattait un bovin. Cette coutume fut appelée "un démembrement habile". On ne dépeçait pas la viande d'un démembrement habile à la hache, mais on la coupait au couteau. Pour les hommes on abattait du bétail ou une vache et pour les femmes on abattait des vaches ou des veaux . Par cette viande on s'acquitte des hommes qui sont venus à l'enterrement, il ne faut pas laisser de la viande c'est un grand péché. Au pis aller le mort peut revenir et exiger de la viande. Le cercueil était fait de mélèze .On ne doit pas marcher sur les aiguilles sauf l'homme qui fait le cercueil. Les aguilles étaient placées sous la tête du mort. Le mort était sorti les pieds devant. Si le cercueil était lourd on disait que l'homme était mort avec les pensées lourdes. Autrefois les parents n'allaient pas aux enterrements. Le mort était emmené par le "kibèèci". Ce sont des hommes qui n'ont pas de famille. Après avoir mis le cercueil dans la tombe, on place près de celui-ci tous les objets : vêtements , vaisselle, armes; s'il s'agissait d'un enfant on mettait ses joujoux . Au moment de mettre le cercueil dans la tombe chaque personne doit jeter une poignée de terre. Lorsque le trou est comblé, on laisse tous les outils près de la tombe . Il est interdit de se retourner , car l'esprit du mort peut poursuivre celui qui se retourne. Repartant du cimetière on plante 3 jeunes bouleaux en travers de la route qui marquent la frontière entre les vivants et les morts. Après cela on se met à table. Celle-ci s'appelait "malaasin". On mangeait de la viande bovine, les oladis. Les hommes riches et les toïones étaient enterrés avec leurs chevaux et leurs esclaves .A l'est de la tombe du toïone on creusait une fosse séparée où on jetait l'harnachement du cheval et le cheval qu'on avait fait mourrir sous le fouet. Après cela on recouvrait le cercueil d'écorce et on remplissait la tombe de terre. Au coin de la tombe on enfonçait des perches avec des oiseaux en bois qu'on appelait "les corneilles de la mort". On vidait le ventre et on arrachait le coeur. On suspendait les peaux sur l'arbre. Cette coutume était appelée "le meurtre de l'étalon " . Le cheval qui est mort était destiné au trajet du mort vers le monde des morts , voilà pourquoi on abattait le cheval préféré du toïone. En plus des chevaux on enterrait un esclave qui devait servir son toïone. Plus tard cette coutume païenne a été annulée, mais on raconte qu'un esclave encore après cela s'est suicidé pour servir son toïone. L'enterrement des chamanes diffère de l'enterrement des simples profanes. On les enterrait dans des arangas , ce sont des tombes sur la terre. Il y avait une autre coutume pour l'enterrement des chamanes . Des grands chamanes étaient réenterrés 3 fois . Les parents du chamane doivent "relever les coses" 3 fois , c'est-à-dire qu'il faut répéter l'enterrement 3 fois. On sacrifiait un cheval. La cérémonie était dirigée par trois ou neufs chamanes. Après le troisième enterrement on enterrait les restes du chamane sous la terre. Лукина Вероника Егоровна |